Conférences

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Mardi 29 septembre 2015

 

9h – 9h30 : Allocutions d’ouverture

En présence de :

Jean-Marc Perrin, Président, TECHNOPÔLE ENVIRONNEMENT ARBOIS MÉDITERRANÉE – Syndicat mixte de l’Arbois
– Olivier Fregeac, Conseiller Communautaire en charge des risques majeurs à la Communauté du Pays d’AIX (CPA)
– Michel Fiat, directeur des opérations, THALES ALENIA SPACE

Jean Marc PERRIN a remercié les participants, les élus et les visiteurs du Forum.
La parole a été donnée à M. Olivier FREGEAC afin de présenter les activités menées par la Communauté du Pays d’Aix en matière de gestion des risques majeurs.
Succède à ces interventions, M. Michel FIAT. Il présente alors les objectifs du forum qui sont :

  • Promouvoir les risques
  • Développer la culture du risque
  • Accompagner la gestion du risque sur le plan économique.

9h30 – 10h30 : Conférence plénière

Résilience territoriale : perspectives et enjeux
La prise en compte des concepts, méthodes et outils de résilience pour l’aménagement territorial est un défi qui se pose aux villes et aux populations qui doivent faire face, ou plutôt «faire avec» des risques de plus en plus complexes qui transcendent bien souvent les acceptations classiques «naturels, technologiques, sanitaires» par une prévalence de l’effet dominos. La conférence d’ouverture du colloque ENVIRORISK 2015 sera ainsi dédiée à mieux cerner les contours et enjeux de cette approche des risques (Damienne PROVITOLO, CNRS GEOAZUR), tout en illustrant son application à l’échelle européenne (Eric RIGAUD, ARMINES) et française (Anne Chanal, CEREMA).

Avec la participation de :
Anne Chanal, chef du service vulnérabilité et gestion de crise, Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA)
– Franck Jourdain, chef de laboratoire, CEA Cadarache
Damienne Provitolo, chargée de recherche, GEOAZUR 
Eric Rigaud, chargé de recherche, ARMINES

Résumé :

La conférence a commencé avec l’intervention de Mme Danièle PROVITOLO qui présente la résilience comme la capacité à construire du nouveau à la suite d’un choc, c’est-à-dire :
3 phases :

  • Faire face au choc
  • Se remettre du choc
  • Mettre en place des actions correctives (retour d’expérience)

À la suite de cette intervention M. Éric RIGAUD a présenté l’objectif de concevoir une méthode et des outils d’aide au diagnostic et à l’amélioration de la construction des collectivités locales, à la résilience de leurs territoires.
Mme Anne CHANAL a par la suite évoqué la résilience de la population et l’importance de donner une place et un rôle clé dans la résilience aux citoyens.
Franck Jourdain (chef de laboratoire CES Cadarache) a clôt cette conférence plénière en parlant des études environnementales dans le milieu nucléaire. « Le CEA se place dans un contexte de résilience comme fournisseur de données d’entrée ».


10h30 – 11h :

Remise du Label Gestion des Risques Territoriaux

Pause café sponsorisée par  :

 inra sponsor EK2015


11h – 12h30 : Tables-rondes (au choix)

Table-ronde 1 : villes intelligentes, gestion des risques naturels et chroniques
La digitalisation de pans entiers de nos vies contemporaines est une réalité. Grâce aux technologies numériques tout devient smart et la gestion des risques et des crises n’y échappe pas. Les villes, territoires vulnérables et complexes intègrent ces dernières innovations afin d’anticiper au mieux les risques et protéger les citadins.  
En France, des collectivités comme NCA (Nice Côte d’Azur) ou Montpellier ouvrent la voie et de nombreux produits se positionnent sur ce marché.  Si le marché des villes intelligentes est encore émergent, son déploiement ouvre des questionnements :
quelles sont les attentes de ces villes intelligentes et de quels types d’innovations parle-t-on ? 

Avec la participation de :
– Jean-Christophe Daragon, chargé de mission, EUROMEDITERRANÉE
Olivier Grandamas, directeur, COFELY-INEO
Pascal Kaluzny, dirigeant, TERA ENVIRONNEMENT
– Edouard Le Goff, président, KINAXIA
Lionel Minassiandirecteur du développement, THECAMP
– Dominique Robin, directeur, AIR PACA

Résumé : 

Olivier Grandamas porte le message suivant : « il faut structurer les données récoltées en matière de pollution de l’air en scénarii », toute donnée doit être unique. COFELY/INEO propose une solution qui structure les données pour travailler sur différents points (risques naturels, urbains et technologiques).
Suite à cette présentation M. Dominique ROBIN et M. Pascal KALUZNY présentent l’air comme un enjeu de santé publique et économique. Le groupe TERA propose une solution de surveillance qui permet de récupérer les données et de les mettre à disposition d’industriels dans un CLOUD.
Édouard LE GOFF présente son activité. La société récupère les données publiques brutes et les transforme en informations exploitables et accessibles par tous. C’est une activité de service qui impacte essentiellement l’activité de l’immobilier.
Lionel MINASSIAN (Directeur du développement, TheCamp)  participe à un projet de création de bâtiments destinés à la formation concernant les risques majeurs.
Jean Christophe DARAGON clôt cette table ronde en présentant un projet de développement durable de l’habitat pour la ville de Marseille, dans le but d’intégrer une démarche environnementale.

CONCLUSION DE LA TABLE RONDE : d’autres domaines sont à prendre en compte comme l’eau et les actes de terrorisme, la fusion entre le Pôle Risques et le Pôle Pégase prend alors tout son sens.

 

Table-ronde 2 : Utilisation de drones pour la surveillance de réseau

Avec la participation de :
– Marion Baroux, responsable des ventes, DELAIR-TECH
– Jean Caron, responsable Stratégie Drones France, AIRBUS DS
– Laurent Chaudron, directeur, ONERA
– Vincent Fournier, directeur opérations et développement, AIR MARINE
– Daniel-Frédéric Gigan, commandant, Centre d’Excellence Drone de l’Armée de l’Air (CED)
Nicolas Pollet, responsable de la mission drone, SNCF
Jean-François Puigt, ingénieur Méthodes et Coordination, SOCIÉTÉ DU CANAL DE PROVENCE

Synthèse : 

Dans le milieu industriel, les drones ont un rôle essentiel dans la surveillance et la gestion des infrastructures. Selon les besoins de certains industriels (SNCF, SOCIETE DU CANAL DE PROVENCE,…), on distingue trois types d’utilisation de ces appareils, à savoir :

  • Inspection ponctuelle d’ouvrage d’Art
  • Inspection d’ouvrage linéaire
  • Utilisation pour la détection de fuites

Côté militaire, les besoins sont plus spécifiques et doivent répondre à des exigences opérationnelles. On attend de ces drones qu’ils soient capables d’effectuer des vols  furtifs de longues durées tout en permettant une surveillance efficace des frontières et des zones d’interventions.

La société DELAIR-TECH répond à la problématique de surveillance d’infrastructures linéaires de longues distances avec la création d’un drone à voilure fixe de type planeur. Cet appareil fonctionne de manière autonome sur de longues distances avec des capteurs adaptés aux besoins.
Actuellement, les drones sont pilotés par l’homme. Or, il serait important que ces appareils fonctionnent de manière autonome afin d’accroitre leur potentiel d’actions. Pour cela, il faudrait développer d’avantage la partie algorithmique de ces appareils contrairement à la partie systémique qui fait déjà l’objet d’études approfondies. En effet, la qualité des informations (images, vidéos, temps de latence,…) doit faire l’objet d’améliorations.
Cependant, le développement de la partie algorithmique nécessite  d’importantes ressources (R&D et financiers).
Le challenge concernant l’automatisation et l’usage des drones repose sur trois paramètres :

  • La sécurité (fiabilité de l’appareil),
  • La cohabitation avec les autres acteurs aériens,
  • La compétitivité vis-à-vis des autres prestataires.

Le Marché Français représente une faible part des commandes de drones (5%), seule la SNCF utilise de plus en plus de drones sur le territoire Français. Pour les autres entreprises, la demande est orientée sur l’exportation notamment aux Etats-Unis avec de nombreux marchés « cibles », on parle alors d’un marché de niches. Cependant, Israël et les Etats-Unis sont les principaux leaders dans ce domaine.
Pour valoriser cette filière au niveau national, il est nécessaire d’améliorer la réglementation sur l’usage des drones afin de donner confiance aux autorités et de résoudre les problèmes de cohabitation avec les autres acteurs aériens ainsi que de lobbyings anti-drones.

 


Mercredi 30 septembre 2015

 

9h – 10h30 : Conférence plénière

Sûreté et sécurité des infrastructures critiques

Avec la participation de :
– Alain Juillet, président, Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises (CDSE)
– Pierre NOVARO, président,  SALIX
– Ely de Travieso, président, Club de la sécurité des systèmes d’information (CLUSIR PACA)

Synthèse : 

De nos jours, les établissements sensibles de par leurs procédés et leurs systèmes d’informations internes ont pour objectif de préserver l’ensemble de leur patrimoine matériel, immatériel et humain.
Le monde actuel subit une profonde mutation dû à l’évolution technologique des nouveaux systèmes et réseaux. Les entreprises de plus en plus utilisatrices de supports et outils informatiques ne sont pas réellement préparées aux « cyber risques ». Au sein de notre société, il existe de nombreux échanges de données où il est difficile de cerner l’émetteur du récepteur. C’est pourquoi la notion de « cyber sécurité », et donc de protection du patrimoine immatériel, est nécessaire pour bloquer les intrusions dans le système interne. Les cyberattaques sont de plus en plus élaborées et complexes, ce qui entraînent une difficulté majeure pour parer aux actes malveillants.
Dans le contexte d’accroissement du risque terroriste, les entreprises commencent à prendre conscience de l’importance de ces cybercriminalités mais également des risques et enjeux économiques (finances, image, réputation). On distingue deux types de cibles de cybercriminalité : direct (industries attaquées) et indirect (altération de la société).
La menace est réelle et les entreprises doivent être préparées et sensibilisées à celle-ci. L’Agence National de la Sécurité des Systèmes d’Informations (ANSSI) a été créée dans le but de soumettre aux entreprises une obligation de sécurité vis-à-vis de ces systèmes d’informations. C’est ainsi qu’un guide de bonne pratique  a été élaboré pour aider les TPE/PME à mettre en place une organisation « cyber sécurité » au sein de leur structure.
La sûreté physique reste toutefois essentielle contre la lutte des menaces extérieures. La protection d’un site sensible passe par des protections physiques (contrôle, utilisation de badge, barrières, portails, …) qui réduisent les actes de malveillance. Ce système peut toutefois devenir vulnérable si l’ensemble du personnel et acteurs de la sûreté du site ne sont pas sensibilisés et motivés au respect des procédures d’accessibilité.
La sûreté physique et la sûreté immatérielle sont indissociables.  Si la première barrière est défectueuse, la seconde devient facilement accessible.


10h30 – 11h : Pause au coeur des stands


11h – 12h30 : Tables-rondes (au choix)

 Table-ronde 1 : Intégrer les achats innovants dans la commande publique

Avec la participation de :
– Thierry Arpin-Pont, chargé de mission, PREFECTURE Secrétariat Général pour les Affaires Régionales 
Marie-Yvonne Benjamin, avocate, GENESIS
– Jérôme Coquelet, directeur général, AIR SUR
– Guillaume Riou, responsable innovationPÔLE RISQUES

Synthèse : 

Les constats :
Nombre de TPE/PME ont des offres innovantes (prototypages, co-constructions), mais elles ont parfois des difficultés à répondre aux appels d’offres dans le cadre de marchés publics.
Certaines offres réalisées par les grands groupes auprès des acteurs publics comportent une part d’innovations non négligeables issues des TPE/PME co ou sous-traitantes. Les acteurs des TPE innovantes proposent que cette part soit identifiée dans les réponses aux appels d’offres.
La communauté Européenne a influencé la gestion des marchés publics au travers de la loi « Modernisation de l’économie » dont un des objets est de proposer des mesures de simplification d’accès à la commande publique. (ndlr : Thierry ARPIN-PONT mettra à disposition les guides méthodologiques existants).  Suite au décret d’application de 2014, le partenariat de l’innovation présente un intérêt certain pour les entreprises et les collectivités territoriales. Le partenariat d’innovation est applicable quel que soit le montant du contrat.

Le constat actuel au niveau régional est:

  • TPE/PME pas assez habituées aux marchés publics,
  • Les achats innovants ne sont pas assez connus par les acheteurs publics,

Le SGAR prévoit donc les actions suivantes :

  • Mieux communiquer : favoriser les contacts entre acheteurs et offreurs
  • Former les acheteurs : développer une culture de l’achat innovant par l’exemple et le retour d’expérience des bonnes pratiques.

Le contrat d’innovation permet aux acheteurs publics de passer commande pour des prestations d’innovations et de Recherche et Développement (R&D).
L’innovation est définie par la réglementation Européenne comme un service ou un produit qui n’existe pas encore ou qui n’est pas encore développé à la hauteur des besoins. Il est donc nécessaire de s’assurer que l’action envisagée est bien innovante. Cette analyse nécessitera de la veille technologique, juridique et réglementaire ainsi  qu’une démarche d’évaluation des risques en amont projet. Il est prévu que la DIRECCTE mette en place les moyens qui répondront aux besoins d’assistance des acheteurs publics et des TPE/PME dans ce domaine.
Suite à l’évaluation du caractère innovant du projet il est possible de passer contrat d’innovation avec plusieurs prestataires. Dans le cadre de la procédure négociée, il est envisageable de rompre le contrat si l’innovation et la R&D n’aboutissent pas aux résultats escomptés dans les délais prévus. (ndlr : à cette échelle il y a aussi un besoin d’évaluation équitable).
Ces évaluations successives montrent bien l’intérêt d’une obligation préalable d’analyse de l’acheteur portant sur les moyens financiers et humains à mettre en œuvre, les attentes intrinsèques du projet et donc le cahier des charges.
A ce propos, et d’ailleurs tout au long de l’atelier, les opérations en milieux hospitaliers (dialyse à domicile par exemple) sont présentées comme des expériences positives qui peuvent servir d’exemples pour d’autres collectivités. A l’inverse, certaines collectivités territoriales ont investi (par exemple dans le domaine des déchets) sans avoir pu bénéficier d’un retour à la hauteur des montants engagés.
On note également que certaines TPE/PME investissent auprès de collectivités (opération pilote, démonstrateur) sans avoir pu obtenir un contrat à hauteur de leur investissement. En effet, suite à cette opération pilote, un appel d’offre peut être lancé et l’entreprise ayant investi peut ne pas être retenue.
Dans le cadre de ces contrats d’innovation, il est à présent possible de faire réaliser des travaux et ou d’acheter des équipements à l’entreprise ayant déjà réalisée la prestation de R&D.
Toutefois, cette commande ne peut être passée qu’à l’entreprise qui  « aura le plus innovée ». (ndlr : encore une fois, on note un besoin d’évaluation équitable).

A noter : le 5 novembre 2015 se dérouleront les assises régionales de la commande publique destinées aux acteurs publics de la région.

 

Table-ronde 2 : Intervention en milieu hostile, NRBC-e et sites sensibles

Avec la participation de :
– Laurence Boisset, chef de projet Valorisation des Sites Industriels, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)
– André Chevallier, chef du service études et prospectiveCENTRE NATIONAL CIVIL & MILITAIRE de formation et d’entraînement NRBC-e
– Isidore Decostaire, conseiller scientifique, Service du Haut Fonctionnaire de Défense et de Sécurité (HFDS) des ministères économique et financier 
– Jean-François Lechaudel, coordinateur risques technologiques, TOTAL
– Jacques Moussafir, PDG, ARIA TECHNOLOGIES
– Pascal Zunino, directeur, NOVADEM

Synthèse : 

A l’heure actuelle, la société et notamment les industriels, sont confrontés à des menaces externes pouvant entrainer des dommages importants pour l’homme et les infrastuctures. Pour cela, on distingue les risques liés aux propriétés physico-chimiques de l’agent mis en jeu (NRBC) et les milieux d’interventions. L’abréviation NRBC-e correspond aux menaces liées aux risques Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques et Explosifs. Quant aux milieux hostiles, ils peuvent être définis comme des endroits susceptibles de présenter un danger pour les intervenants, du point de vue environnemental (espace confiné, profondeur,..) ou contexte géopolitique (zone de crise).
Dans le cadre de cette présentation, les risques chimiques et biologiques ont été abordés dans le secteur privé (TOTAL) et public (HFDS). Ainsi, on peut faire la distinction entre les moyens de prévention des risques physico-chimiques d’un produit et les moyens mis en œuvre pour confiner ou décontaminer un lieu impacté. En France, 250 entreprises sont susceptibles de produire des armes chimiques entrant dans le cadre du traité international sur l’interdiction des armes chimiques, notifié par la France. Cependant, en ce domaine, ces entreprises ne sont soumises à aucune obligation concernant la vérification réglementaire.
Pour lutter contre de potentiels risques NRBC-e, il est nécessaire de mettre en place des moyens de prévention (techniques et organisationnels) pour anticiper leurs impacts potentiels. Pour améliorer la lutte NRBC-e, il est important de tenir compte des évolutions technologiques. En effet, la technologie des tenues individuelles améliore la protection des intervenants, mais leur port devient de plus en plus difficile pour eux dans certains milieux hostiles. L’utilisation de drones permet donc de limiter le risque d’exposition tout en facilitant l’intervention des opérateurs.
Cependant, les capacités opérationnelles actuelles des drones et des robots restent limitées et ne peuvent pas satisfaire l’intégralité des attentes des opérateurs NRBC-e.
L’utilisation de cette technologie a un coût non négligeable. Mais suite à un accident elle peut assister les décisionnaires pour la quantification et la qualification des impacts sur l’environnement.